Marguerite Rousselot,
Membre de la Conférence Régionale de Santé du Limousin et
de la Conférence Nationale de santé
Préalable à l'indispensable nouveau contrat national
sur la Santé :
un existant nouveau et son appellation à inventer
Nous voudrions vous faire part de l'intérêt qu'il y aurait à
trouver une dénomination courte et unanimement acceptée pour cette
nouvelle entité qui émerge actuellement : cette " personne
" qui, tout d'abord s'occupait de ses maladies et de ce qu'elles lui coûtaient,
s'est ensuite intéressée à sa santé mais aussi à
la Santé, puis progressivement à la gestion de la Branche Maladie
tout entière, d'où à la Santé en général,
puis à sa propre santé et à celle des autres, comme composants
d'un tout qu'elle perçoit enfin comme indissociable de la politique sanitaire
et sociale : progressivement, l'individu s'est unifié, dépasse
son égocentrisme et le court terme, et se sent partie indissociable d'un
ensemble utile à tous.
On a officiellement reconnu l'existence de cette " personne ", avec
crainte au début mais aujourd'hui avec la certitude que sa participation
est la seule voie possible pour pérenniser un des plus justes et des
plus confortables systèmes de protection sociale qui existe.
Tous ceux qui gravitent autour de cette " personne " l'appréhendent
et la nomment de façon variée, mais cela même est incommode
et peut-être nuisible .
Dit-on " malade " ? Cela fait vieux jeu et pessimiste et, tout comme
" patient " ou " bénéficiaire de soins ",
c'est limité à une circonstance
Le nom doit être
plus large.
Un " usager de santé " ? C'est plus polyvalent et plus technique,
mais cela implique pour certains l'idée qu'"il" pourrait bien
effectivement " user et abuser " de sa santé qui n'est pas
inépuisable, pas plus que les fonds destinés à la restaurer
Il faudrait un nom plus positif
" consommateur " et "ayant droit"? Même défaut,
mais avec un bruit d'argent encore plus stressant. Trouvons un nom plus responsabilisant.
"Client" évoque la médecine à l'ancienne ou sonne
trop " business " . " Assuré social " déplaît
à ceux qui voudraient être plus actifs : il faut un nom plus incitatif.
" Acteur de santé " est récent, mais très vague.
" Citoyen " , incitatif, mais trop polyvalent. Etc.
L'addition et la juxtaposition de tant de termes permettent une définition,
mais chaque fois qu'ils sont utilisés ou entendus, nous avons été
sujets ou témoins de réactions devant les présupposés
et les préjugés qu'ils comportent tous ; nous avons mesuré,
hélas, les conséquences des imperfections de chacune de ces "
appellations de point de vue ", précises mais morcelantes, qui entravent
chaque fois la qualité du dialogue de la réflexion au point de
ralentir l'action commune et sont en fait peu utiles : le contexte, si nécessaire,
induisant le point de vue et le sens.
Mais puisque c'est un être nouveau à promouvoir qui a entre autres
des besoins, des droits et des devoirs
et puisque tout le monde devrait
pouvoir s'y reconnaître et y reconnaître l'autre, pourquoi ne pas
chercher un nouveau nom qui signerait en lui l'unité transversale de
la politique de Santé, tout comme les Conférences Régionales
de Santé qui rassemblent aujourd'hui tous les concernés ?
Pourquoi, au moment où se créent tant de nouveaux mots indispensables,
ne créerions-nous pas pour nommer ce nouvel être qui s'intéresse
à sa santé, mais aussi à la Santé, d'une façon
citoyenne, un nom inventé, un mot-valise, en unissant le mot "santé"
et le mot" citoyen" ?
Ce néologisme, qui peut sembler barbare ou étonnant, mais qui
aura au moins le mérite d'être logique et français, si l'Académie
le veut bien un jour, serait " santoyen " avec ses dérivés
possibles.
Il correspond à la définition de la Santé selon l'OMS et
en sus à la notion de responsabilité.
Cette " personne ", nommée auparavant par dix à-peu-près,
ne serait-elle pas mieux appréhendée ?
Celui qui ne se reconnaissait pas sous ces divers noms, ne serait-il pas stimulé
avec ce nom qui implique un nouveau contrat ( responsabilités, devoirs,
droits et solidarités), de nouveaux espoirs, une implication plus grande
et un nouveau type de relations ?
Un terme de ce genre pourrait permettre de traiter tous ensemble, correctement
et complètement, de la politique de Santé, et de la mettre en
uvre .
Ce terme de " santoyen ", l'essayer c'est l'adopter ! !
Santoyennement vôtre!
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